.Welcome ..

__________________________________ French Doll Provocation __________________________________





Nirvana_
____________________________« Tout ce que j'ai toujours voulu était que tu saches,
____________________________Tout ce que je peux faire c'est donner mon coeur et mon âme,
____________________________Je peux à peine respirer j'ai besoin de te sentir ici avec moi. »
Méïko_



____« C'est la connerie de ce monde qui finira par tous nous tuer car emmerder le monde est la solution, la panacée contre l'ennui. Enerver, emmerder, exaspérer les hypocrites, les déclassés, les intolérants, les prétentieux sans raison, les voisins, les bourgeois, les radins, les mythomanes, les incurables médiocres, ceux qui s'achètent des grosses voitures à crédit, ceux qui parlent politique, ceux qui traitent les filles de salopes parce qu'ils ne les ont pas sautées, ceux qui critiquent les livres qu'ils n'ont pas lu, ceux qui ne prêchent que pour leur église, ceux qui n'aiment pas les flics, et j'en passe et des pires. J'emmerde le monde parce que je le hais. Je le hais de ne pas être ce que je voudrais qu'il soit. Je cherche en vain dans chaque image une étincelle de poésie, de l'enthousiasme dans les discours, des idéaux si ce n'est des idées, mais les gens passent outre ; ils marchent pressés, mal habillés, les yeux vidés par les soucis. Et je ne peux rien pour eux. Je ne peux rien pour personne. »


Lolita Pille - Hell_




.Welcome  ..
# Posté le dimanche 06 avril 2008 12:23
Modifié le lundi 13 avril 2009 16:59

_____ « Là où est ton trésor sera ton coeur. ».Prologue

_____ « Là où est ton trésor sera ton coeur.  ».Prologue

____Les minutes passaient avec une lenteur maladive et la seule chose qui semblait m'empêcher de hurler d'impatience était le grand panneau lumineux qui me faisait face et qui m'indiquait que d'ici peu de temps, le poids sur mes épaules s'allégerait et mon c½ur reprendrait son rythme normal. J'étais tant préoccupée par mes pensées – aussi négatives furent-elles – que je n'entendis pas la voix féminine brailler dans son micro que l'avion A307 en provenance de Vienne venait d'atterrir. Ce n'est que 30 minutes après que je compris, voyant une touffe noire courir dans ma direction. Lorsque celle-ci se jeta dans mes bras, j'eus à peine la force de ne pas vaciller sous le poids de l'émotion qui me submergeait, c'était comme si un tsunami venait de s'abattre en moi. Jamais les semaines ne m'avaient parue aussi longues sans cette tignasse ébène à mes côtés. L'immense trou que son départ avait causé en moi venait d'un seul coup de se refermer, se remplissant de l'amour que je lui portais, et éteignant par la même occasion l'atroce incendie qui me brûlait intérieurement. Je plongeais mes yeux noirs dans ses iris allant du doré au caramel et nous ne pûmes retenir nos larmes plus longtemps.
En quelques secondes, ma vie venait de reprendre son sens.





____Une attente interminable et insoutenable m'avait emplie l'esprit. Une attente comme il n'en existe pas d'autre. Le bonheur de la revoir, l'envie qui grandit à chaque minutes qui passe dans cet avion en provenance de Vienne. Un sentiment qui ne renaît qu'à chaque fois que je la serre contre moi. Peu importe où je m'aventure, peu importe où j'ose marcher ou ce que j'ose dire, je sais que je ne serai pas seule. Malgré l'attente qui se faisait de plus en plus grande, je restais indéniablement attentive aux annonces de l'hôtesse de l'air qui faisait des signes qui ne voulaient rien dire pour moi. Je suis sûre que même elle, elle n'en savait rien. Mon coeur se mit à battre à tout allure lorsque je compris que l'avion allait atterrir. Une partie de moi pressait le pas le long des barres de sécurité, et une autre cherchait dans cette foule de gens, la personne qui me manquait le plus au monde. A peine m'avait-elle reconnue que je m'écroulais dans ses bras. Je n'avais même pas hésité une seule seconde, je l'avais, je ne la lâchais plus. Ses cheveux brun habillés de mèches blondes superbement pensées me caressaient le cou, et ses pleurs réveillaient la surcharge d'amour que je portais en moi, pour elle. Je ne savais pas si elle pleurait où si elle riait, mais moi je ne pouvais pas m'empêcher de la serrer plus fort à chacune de ses larmes.
Elle était à moi, elle n'était rien qu'à moi.
# Posté le dimanche 06 avril 2008 12:23
Modifié le lundi 13 avril 2009 17:06

_____ « Je ne peux vivre sans ma vie, _________________________________________________________ je ne peux vivre sans mon âme. ».Chapitre 1

_____ « Je ne peux vivre sans ma vie, _________________________________________________________ je ne peux vivre sans mon âme. ».Chapitre 1

____Un bruit de pas précipités dans l'escalier puis le claquement de la porte me firent comprendre que j'étais désormais seule chez moi. Seule. Vide. Comme mon c½ur depuis ce long mois qui venait de passer. Un coup d'½il à mon réveil me permit de voir qu'il était déjà 14 heures et que ma mère devait être en train de se rendre vers le conservatoire où elle donnait des cours de piano. La musique étant toute sa vie, elle avait aussi bercé mon enfance, ou plutôt, la notre. Le soleil qui passait à travers mes rideaux venait caresser ma peau d'une douceur presque brûlante. Me rappelant quel jour nous étions, je décidais de me lever, il ne restait que 2 heures pour essayer de faire revivre mon visage et mon corps. Même si en réalité, c'était mon âme que je devais réveiller... J'ouvris mes rideaux et observais sans grand enthousiasme la vue imprenable que j'avais de Berlin. Ma ville, notre ville. Je me dirigeais lentement vers ma salle de bain, évitant de croiser mon reflet dans un des multiples miroirs, n'ayant que trop peur de l'allure que je devais avoir. Après m'être douchée, je me résolus finalement à observer mon image. Je ne fus d'ailleurs pas tellement choquée de ce que j'y vis. Ma peau était plus blanche que jamais, on aurait presque dit qu'elle était seulement faite d'une couche de verre fine et translucide. Translucide. Comme mon âme. D'immenses cernes violettes creusaient mes joues, dévoilant le mois d'insomnie que je venais de passer. Je rie de moi-même, pensant que d'ici une semaine, pour la rentrée, mes chers camarades lycéens n'imagineraient jamais que je pus un jour être dans un tel état. Je savais que de toutes façons, quoi qu'il advienne, je me présenterais face à eux avec la même perfection qui avait bercé mon enfance. Mais surtout, je me présenterai la tête haute, avec elle, celle qui pour moi représentait plus que la perfection elle-même. Elle était mon égérie et mon ange. Celle, la seule d'ailleurs, qui me comprenait totalement, puisqu'elle était moi, de la même façon que j'étais elle. Seule elle savait que derrière ma superficie apparente et mon arrogante assurance se cachait un grand manque de confiance en moi. Elle était ma vie, au-delà du réel, et le serait pour toujours. Je savais que rien ne serait jamais assez fort pour éteindre les sentiments que nous avions l'une pour l'autre. Plus que tout au monde, elle était celle pour qui j'aurais donné ma vie. Elle, c'est Nirvana, tout simplement. Je pourrais bien vendre mon âme au diable pour elle, puisque de toute façon, mon âme sans la sienne ne serait plus qu'un fantôme errant dans les profondeurs des enfers.

Nirvana, mon paradis, jusqu'à la damnation s'il le faut.






____Je ne laissais derrière moi que des draps vident d'émotion et remplis de mon odeur. Et sans aucun regret je bouclais mes valises avec une excitation que je ne me connaissais pas. Les battements de mon coeur s'accéléraient à chaque fois que je pensais que j'allais enfin retrouver mon âme. Ce mois de vacances, n'avait été qu'une descente aux enfers. J'avais laissé dans ma ville, notre ville, une partie de moi. Peut être la plus importante. Une partie de moi qui ne fait référence à aucun objet, aucune forme physique, mais quelque chose de plus important encore. Quelque chose qu'on est. Mon âme, je l'avais laissée avec elle, je lui avais donnée dès ma naissance. Alors, penser que j'allais enfin pouvoir la revoir me donnait une agilité dans mes mouvements. Je regardais une dernière fois à la fenêtre de ma chambre d'hôtel. Vienne m'avait déçue. Et j'étais heureuse de la quitter pour retourner là où je me sentais bien, avec elle. Ma vie allait reprendre son cours normal, ma mère allait replonger dans ses histoires et ses machines à écrire, mon père dans ses bureaux. Une de ces rares fois où j'ai eu l'occasion de passer un peu de temps avec eux c'était révélé un échec total au sein de la relation que j'entretenais avec mes parents. Je ne les voyais pratiquement pas, mais je connaissais leur existence grâce aux cadeaux qu'ils m'offraient. Mon père a pensé que ce mois de vacances nous aurait permis de nous retrouver tous les trois. Mais dès que j'ai réalisé que je partais avec un handicap, j'ai compris à quel point je tenais à Méïko. J'avais grandis avec elle, ma mère lui avait fait découvrir le goût de l'écriture en même temps qu'à moi; dans le même temps, sa mère nous a donné le goût de la mélodie. Il m'avait fallu ce mois de séparation pour comprendre à juste titre à quel point je vivais en elle. Elle était moi, comme j'étais elle. Refermant la porte derrière moi; je descendais les escaliers de l'hôtel privé dans lequel j'avais résidé pendant ce moi d'Août qui m'avait paru durer des siècles. J'avais une boule dans le ventre, Vienne ne me manquera pas. J'avais passé un mois complètement vidée de moi-même, j'avais besoin d'elle plus qu'autre chose. Je venais de comprendre à quel point elle faisait partie de moi. Elle est mon esprit, mon ange gardien, ma moitié, elle est tout ce qui peut me consituter. Et ça personne ne peut le comprendre aussi bien que j'aimerais qu'ils le comprennent. Personne ne me comprend aussi bien qu'elle.

Méïko, jusque dans le plus profond recoin de mes entrailles.
# Posté le dimanche 06 avril 2008 16:16
Modifié le lundi 13 avril 2009 17:17

_____ « Et par le pouvoir d'un mot, je recommence ma vie,_________________________________________ je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté. ».Chapitre 2

_____ « Et par le pouvoir d'un mot, je recommence ma vie,_________________________________________ je suis née pour te connaître, pour te nommer. Liberté. ».Chapitre 2

____Depuis notre plus tendre enfance, il y avait des choses, des souvenirs, des instants, des rires et toutes sortes d'émotions que nous partagions seulement toutes les deux, en fait, je pense que chaque seconde que je vivais, je ne la vivais que pour elle, que par elle. Il en est des sentiments que personne ne peut stopper, limiter ou bien contrôler, et c'était bien ainsi que je voyais notre amitié. Et du haut de mes 17 ans, je me sentais en mesure d'affirmer que mon c½ur ne battait qu'à travers le sien. La sonnerie retentissait, m'arrachant à mes rêveries et c'était avec un enthousiasme que je ne me connaissais plus que je me dirigeais en trottinant, presque joyeusement, vers l'entrée de mon immense appartement – ou aurais-je du dire duplex ? – afin de rejoindre le chauffeur personnel de mon père qui devait me conduire jusqu'à l'aéroport. Il était exactement 16 heures, la ponctualité étant chez moi une priorité, et d'ici 2 heures, je serai avec elle. La seule, la première, l'unique. Etant d'humeur festive, je m'installais sur le siège avant au côté d'Emett, le chauffeur. Je lui fis mon plus grand sourire ce qui le fit soupirer, il venait de comprendre que je comptais bien lui faire écouter ma musique, ou plutôt mon CD sacré comme j'aimais à l'appeler. Ce CD étant une compile créée par mon égérie et moi-même. Nous avions mis 1 semaine avant de choisir les musiques, voulant absolument que celles-ci représentent réellement toute notre vie passée ensemble et tous les sentiments que nous éprouvions l'une envers l'autre. Et je pensais que nous l'avions vraiment réussi. J'appuyais sur Play puis mis la piste 8 avant de monter le son et de fermer les yeux. La mère de ma Nirvana nous avait initiées aux mots depuis notre plus tendre enfance, de ce fait, le rap était pour nous une poésie au même niveau que les autres. Avec des syllabes, des rimes, des mots, et surtout une histoire. Une histoire et tout le sens qui va avec. Les paroles de la chanson se posaient enfin sur la musique et je laissais les mots envahir mon esprit. « On s'fais notre ciné dans le vacarme de nos plainte y'a tant de gens qu'on entend même plus pleurer ». Je me rappelais comme si c'était hier, des mots qu'un jour nos camarades de classes avaient dit de nous, tous persuadés de nous connaître de par notre apparence. "Riches, Heureuses, Hautaines & Egocentriques." « Partout tu peux lire le même manque d'amour dans les yeux, même dans les beaux quartiers, les sourires sont des masques. On achète pas le bonheur sans qu'un jour, le temps, nous démasque. ». S'ils savaient tous autant qu'ils sont... "Riches, Heureuses, Hautaines & Egocentriques." Ces mots résonnaient encore dans ma tête, comme un écho. « Chacun ces secrets, emmuré dans le silence, ces hémorragies interne qui nous font pleurer en silence. ». J'en avais presque le c½ur au bord des lèvres de penser à eux, ceux que je haïssais plus que tout au monde, eux qui se permettaient de nous juger, elle et moi. Elle est moi. Mais au fond, je crois que tout cela ne nous touchait plus depuis bien longtemps. La voiture s'arrêtait, je descendais et me dirigeais vers le hall n°4, celui de son arrivée. Il n'était que 17 heures, j'allais encore attendre 1 heures, mais peu m'importait, j'allais la retrouver, enfin, après ce long mois de demi-sommeil. Nous allions nous retrouver et de nouveau pleurer en silence, comme à notre habitude...

"Riches, Heureuses, Hautaines & Egocentriques."







____Jamais je n'avais été aussi heureuse de rentrer chez moi. Accompagnée de mes parents, je me dirigeais vers l'hôtesse de l'air qui nous indiqua le chemin à suivre pour arriver en première classe. Et comme à l'habitude de mon père, caché derrière ses lunettes d'aviateur, il n'adressa pas la parole à la jeune demoiselle. Mon père est quelqu'un de très renfermé, de très fier aussi. Il a des défauts mais n'est pas un père horrible au sens propre. Il veut toujours avoir le meilleur et être le meilleur. Ces quelques mots avaient bercé mon enfance, notre enfance. Et plus je l'observais dans le couloir qui nous menait au compartiment luxueux, plus je me rendais compte à quel point je lui ressemblais mais dans le même temps, à quel point je ne voulais pas lui ressembler. Mais une fois entrée dans l'avion toutes mes pensées se tournèrent vers le seul sujet qui m'intéressera toute ma vie de fille à papa : Méïko. Après quelques minutes d'attente interminable, l'hôtesse vint troubler mon univers pour me demander si je souhaitais boire quelque chose. J'optais pour du champagne, sur ordre de mon père. Mon père m'a formatée. A chaque fois qu'il me disait quelque chose je l'écoutais même si je n'en avais pas envie, mais c'était le jeu de la liberté. Je suis vraiment moi-même seulement avec elle, parce qu'en fait je me retrouve avec moi-même. Elle est tout ce qui me constitue et je sais que jamais rien ne pourra changer ça. La liberté c'est elle. Et tout ce qui me constitue c'est ce sentiment de liberté irrationnelle, parce que j'aime la provocation, j'aime me sentir protégée par la liberté en elle-même. Dans mon canapé, je m'allongeais de tout mon long, le casque de mon I-pod sur les oreilles. J'aime l'espace et déteste les ordres, pourtant ... Pourtant je sais qu'un jour bientôt, je serai moi-même tout le reste de ma vie, et ce jour, alors ce jour, je pourrais dire qui je suis vraiment. Ça ne sera plus un privilège pour personne de me connaître vraiment, car ça n'en est pas un. Parce que je ne suis vraiment moi même qu'avec elle, et alors à partir de ce jour, je serai moi même toute ma vie. La chanson qui divertissait mes oreilles était pour moi plus un poème fredonné qu'une chanson véritable. C'était une de mes préférées, une de nos préférées, parce qu'elle nous ressemblait vraiment. Notre vie n'était pas rose, loin de là. Tous les gens de ma classe - oui parce qu'ils ne sont personne pour moi, ce sont des gens - pensent que puisque j'ai de l'argent, je suis heureuse. Pour eux, ces mots vont ensemble, comme si l'un ne pouvait pas vivre s'en l'autre. Un peu comme moi et elle. « Parce qu'au fond qui peut réellement savoir ce qui nous tue et ce que l'on est, les gens se contente de ce qu'on paraît, pas vrai ? » Eux ils croient tout savoir de moi, ils croient tous que je les regarde de haut alors qu'en fait je suis exactement au même niveau qu'eux. Ils croient tous qu'ils sont les seuls à être malheureux parce que certains habitent dans des immeubles tout ça pour qu'ils puissent aller dans un lycée réputé. « A chacun son ghetto, chacun porte son fardeau. » J'avais un pincement au c½ur rien que d'y penser, je regardais les nuages du hublot et j'observais le ciel. Tout avait tellement l'air plus beau vu d'ici. Lorsque je suis au dessus de tout ce qu'on peut dire, lorsque les notes de musique forment le fond sonore de ma vie, lorsque ma main coince entre ses doigts un stylo qu'elle fait glisser sur une feuille, et lorsque Méïko habille le décor et mes pensées, alors là je peux dire que tout est beau. « Les gens cachent leurs douleurs, se tiennent debout comme des arbres mais leur branche sont d'argile, du cristal sous du marbre. » Je n'ai pas honte de dire que du haut de mes 17 ans je ne sais rien de la vie, mais j'en connais déjà assez pour imaginer la suite. Je sais que tout sera difficile, mais avec ma musique et elle, alors tout sera plus simple. Tant que nous serons ensemble, alors tout ira bien, à jamais. Les gens croient tout savoir, mais s'ils savaient seulement qui nous sommes réellement, alors ils seraient peut-être bien étonnés, mais en même temps j'en ai aucune envie. Tout ce qu'ils peuvent dire ne me touchent plus depuis bien longtemps. J'allais enfin la retrouver, et c'est tout ce qui m'importait. Alors après tout.

Qu'ils le pensent encore et toujours, ils ne représentent rien.
# Posté le samedi 12 avril 2008 05:26
Modifié le mardi 14 avril 2009 11:23

_____ « Comment espères-tu me voir vivre toute seule ? _______________________________________ Quand mon monde entier tourne autour de toi. ».Chapitre 3

_____ « Comment espères-tu me voir vivre toute seule ? _______________________________________ Quand mon monde entier tourne autour de toi. ».Chapitre 3

____Fascinée, j'écoutais attentivement le récit de vacances de ma Nirvana. De ce que je comprenais, son séjour à Vienne ne s'était pas mieux passé que mon mois d'isolation et de frustration. L'inquiétude m'avait traversée l'esprit quand elle m'avait parlée des disputes presque rares avec ses parents, mais elle m'avait bien vite quittée lorsque mon Unique s'était mise à faire une sorte de caprice de princesse à ses parents, qui, nous le savions d'avance, avaient finit par céder. Et ma Nirvana allait donc passer la dernière semaine de vacances chez moi. Nous allions enfin nous retrouver entre nous, comme avant, sans complexe l'une envers l'autre, sans secret l'une pour l'autre et sans jalousie quelconque. Simplement parce que tout avait toujours été comme ça entre nous, nous avions toujours tout partagé, tout vécu à deux. C'était Nirvana et Méïko, et ça, tout le monde le savait. Ça n'avait par ailleurs jamais empêché les rumeurs de courir à notre sujet, nous étions un des sujets de conversation favoris au lycée, et nous en étions satisfaites, la provocation coulant dans nos veines. Nous avions en effet toujours aimé nous jouer du regard des autres et avions prôné le « plus ça choc mieux c'est » ce qui nous avait toujours été plutôt aisé, le côté financier n'étant qu'un détail négligeable pour nous. Nous avions donc toujours su entretenir la haine, les critiques et l'envie avec une facilité déconcertante qui ne faisait d'ailleurs que rendre nos camarades plus jaloux encore. Nous avions une chance folle, nous le savions et nous ne gênions pas pour le montrer et pour le faire savoir. Aux yeux de certains, la plupart d'ailleurs, nous étions des pestes, égoïstes au possible et complètement insensibles. En effet, ni l'une, ni l'autre n'avions de goût pour les crises de larmes incontrôlées et interminables pour un oui ou pour un non, je crois même que j'avais toujours eu pitié des gens larmoyants. C'était pour moi une preuve de faiblesse impardonnable que je ne m'étais jamais permise. Ainsi, du haut de mes 1m75, j'avais toujours été jalousée, enviée et méprisée, ce qui avait d'ailleurs renforcé cette attitude de provocation et d'arrogance qui me collait à la peau. Je cachais ainsi extrêmement bien aux yeux des autres l'immense manque de confiance en moi qui me rongeait intérieurement et dont seul mon ange du nom de Nirvana connaissait l'existence. Nous étions dans ma chambre lorsque ma mère rentrait chez moi en claquant la porte avant de venir nous étreindre. Toutes les trois, nous avions toujours été proches, ma mère étant la seule de nos parents à s'intéresser réellement à notre bonheur, émotionnel tout du moins, et à croire en nous. Elle était d'ailleurs la base principale de notre passion, vitale et commune, la musique. Cet art à la fois intouchable et fascinant. Toutes les deux, nous avions appris à jouer divers instruments en grandissant, bien sur, chacune d'entre nous avait ses préférences, les nôtres étaient d'ailleurs extrêmement différentes. Ma Nirvana avait trouvé son inspiration dans la musique électronique et ce n'était que derrière ses platines qu'elle se sentait réellement libre. Pour ma part, j'en étais restée à des instruments plus classiques qui n'étaient autres que le piano et la guitare sèche auxquels je mêlais parfois, souvent même, ma voix. Les deux instruments faisaient parties entières de ma vie et mon épanouissement personnel n'aurait put avoir lieu sans eux. Nous étions « musiciennes » depuis nos 6 ans et je pense que rien au monde ne nous aurait détournées de notre voie, la musique coulait dans notre sang et faisait battre nos c½urs. Nous avions d'ailleurs étonné tous nos camarades lorsqu'ils avaient appris que nous formions à nous deux un groupe répondant au nom de French Doll Provocation. Et il me semble que ce nom parlait de lui-même. Nous étions de véritables poupées de la provocation, à la manière de nos origines françaises.

French Doll Provocation Style.




____Et je parlais, et je parlais encore sans m'arrêter. Dans la voiture de Méïko, ce que j'aimais le plus, c'est que nous étions totalement seules. Le chauffeur ferme tout le temps la fenêtre qui donne sur la partie passager, parce qu'il sait que de toutes façons, il ne comprendra rien à notre conversation. Je sais que c'est un manque de respect total, mais après tout, c'est ma langue maternelle; et comme je n'aime pas les ordres et l'autorité, je ne me gêne pas pour parler cette langue grâce à laquelle je peux mieux exprimer mes émotions. Nos origines Françaises en rendent jalouses plus d'une, parce que ce petit truc en plus les fait tous tomber par terre. Mais moi je m'en fiche, comme Méïko. Au lycée, ils nous connaissaient tous, très superficiellement. Tout le monde connait nos noms, mais personnes ne peut se vanter de nous connaitre autrement que par la coupe de cheveux de Méïko ou mes sacs bizarres. Je savais que de toutes façons, personne ne me connaitrait jamais autant qu'elle. Elle était moi, elle était la musique de ma vie. C'était d'ailleurs avec elle que j'avais pris goût à la musique et à l'écriture. Depuis que je sais marcher, je fais de la musique et depuis que je sais parler, je compose. Ma guitare, c'est elle mon premier instrument, c'est l'instrument qui me rapproche le plus de l'univers de Méïko, il est incomparable aux autres, il est merveilleux son univers à elle. La seule différence que nous avions c'était son piano et mes platines. Et mes platines, elles sont sacrées, et même si Méïko n'aime pas les utiliser, et n'aime pas forcement le son qu'elles produisent, elle accepte que je scratche pendant certains morceaux, ou de m'écouter lorsque je pense avoir composé une mélodie sympa. Son piano berce les répétitions et certaines de nos chansons, mais ce que j'adore c'est lorsque je vois sa mère la regarder jouer en secret. Sa mère avait toujours été là lorsque nous en avions besoin, je l'admirais pour ça. Sa fille étant peut être une simple facette d'elle même, elle avait hérité de son agilité et de sa fraicheur qui court sur la partition. Elle était ma préférence à moi, elle m'acceptait comme j'étais. Et même si je savais que rien n'avait changé pour elle pendant ces vacances d'un mois, je savais aussi que ma vie prenait un nouveau départ. Lorsque je me suis rendue compte à quel point elle m'avait manquée, je n'ai pas hésité à menacer mon père de faire un scandale dans l'aéroport. Je savais qu'il céderait, et j'avais eu raison. La première chose que nous allions faire, c'était rejoindre la salle au sous-sol. Une sorte d'immense salle de répétition où tous les instruments du monde ce sont donnés rendez-vous. C'est dans cette salle que je trouve mon imagination pour notre musique, et dans le bureau de ma mère pour nos textes. Nous avions, nous, cette capacité à toujours trouver un terrain d'entente. La musique qui en ressortait était trop originale pour être commercialisée, mais cela ne nous empêche pas de faire quelques concerts et de rencontrer certaines personnes qu'on ne croise pas dans la rue. Ce genre de personnes, ce sont tout simplement des musiciens et écrivains célèbres. Nous venons d'un milieu plus que qualifié, et même si certains jours, nous en jouons, jamais je n'aurais osé me vanter du compte bancaire de mes parents - ou devrais dire, des comptes bancaires de mes parents ? - pour me valoriser. J'avais de la chance et je le savais. Mais ma seule véritable chance en fait, c'est d'avoir trouvé celle qui me complète. Celle qui est moi mais en étant elle-même. Ce sentiment-là, même ma langue maternelle n'aurait pas pu le traduire. Si les gens de mon lycée pouvaient savoir qui j'étais seulement à l'intérieur de moi-même, alors je pense qu'ils comprendraient ce perpétuel jeu de provocation qui entoure ma vie. C'est une bulle, une tapisserie qui cache le mur abimé d'un salon des années 30. Seule Méïko peut savoir à quel point je peux être fragile, à quel point je peux me poser des tonnes de questions, ou encore réfléchir à quelque chose qui n'a pas grande importance pour le monde extérieur. Ce n'est pas dans mon habitude de pleurer, et pourtant les seules fois où je me suis aventurée à cette pratique étrange, c'était toujours dans les bras de Méïko. En parlant je me rendais compte à quel point elle a toujours été là pour moi, et quelle part elle prend réellement dans cette histoire qu'est ma vie de petite fille gâtée du quartier doré. Elle ne m'avait jamais jugée, jamais rendu triste, et depuis 17 ans je ne m'étais jamais disputée avec elle. Je savais que ça n'arrivait à personne d'autre, ou alors à peu. A choisir je préférerais me valoriser avec ça, mais je ne le fais pas. Je n'ai besoin de le dire à personne. Je veux garder ce bonheur entre elle et moi. Nous vivons quelque chose de magnifique.

L'harmonie parfaite et indéfinissable.
# Posté le mercredi 16 avril 2008 14:51
Modifié le mardi 14 avril 2009 13:17